Allons donc nous promener ,nous aérer un peu pour oublier cette grisaille et

Publié le 12 Avril 2013

Allons donc nous promener ,nous aérer un peu pour oublier cette grisaille et fuir les tardives giboulées d'un long hiver ! Ensemble allons à Nezla le jardin de mon enfance à Azaghar ... Nezla ouveghri est ce domaine si prospère de ma vallée du Sébaou ,la vallée de mon Père Hadj Ouali le vénérable avec ses frères et cousins les orphelins de Jedi l'Hadj Said nait Cherif . Hadj Ouali n'a jamais cessé de remuer cette terre rouge et argileuse par endroits ,sablonneuse à d'autres .Après mon père Zizi Cherif et Zizi Tahar sont restés encore près de ces vergers malgré leur grand âge . Là nous arrivons à Nezla ,toute une ribambelle d'enfants juchés sur la remorque d'un tracteur .Il a fallu traverser la rivière au mince cours d'eau estival où l'on s'est bien amusés à déranger quelques rares poissons fugitifs ,à déloger les crabes ,à débusquer les têtards ...Nous sommes juste à proximité de ce jardin des délices de Hadj Ouali où sont couhées les géantes pastèques ,les melons ,les potirons et même des buissons de pieds de cacahuètes autour du puits aspiré par un moteur qui crache ce gros jet d'eau qui gronde avant de s'écraser dans les rigoles d'irrigation creusées à même le sol délimitant des sillons de légumes ,d'arbres fruitiers de cet immense jardin potager qui servira les riches et les pauvres de toute la région .Des centaines d'arbres fruitiers de toutes les tailles :poiriers ,pommiers ,pruniers sans oublier les citronniers "quatre saisons" si parfumés ,s'élancent au dessus des sillons ,toujours alourdis de fruits .Ces arbres merveilleux s'étirent très haut vers le ciel dans un espace qui semble infini .A pas feutrés on arrive à proximité de la forêt d'Oulmou d'où l'on s'éloigne très vite pour ne pas courroucer le vigile d'Oulmou :"Aassass Boulmou ",on jette une petite pièce de monnaie vers l'endroit toujours menaçant semblerait il . A nouveau sur le tracteur le long de la piste délimitée par les lauriers roses ,nous traversons Nezla pour aller à Irghan .On s'engouffre dans ce magma de végétation sous une tonnelle de vigne dont les vrilles sont amarrées à la cime d'arbres gigantesques .On se croirait dans une forêt de l'Amazonie avec les lianes qui tombent comme des serpents .Mon plus grand plaisir est le spectacle des grenadiers aux fruits énormes ,aux grains pourpres succulents .Souvent les grenades sont éclatées sur les arbres quand leur maturité est à point ;Ces arbres du paradis des jardins d'Allah sont presque camouflés parmi les chênes ,les peupliers ,les frênes ...Prenez garde!Car parfois peut surgir une meute de sangliers courant comme des forcenés dérangés par un coup de fusil de mes frères chassant les perdrix ,les bécasses ,les cailles ,les lièvres aussi ou un porc épic occasionnellement ...Par peur d'être étripés par les sangliers surtout s'il y en a un qui est blessé ,nous grimpons vite sur les pruniers et nous attendons le retour du tracteur de mon père qui nous avait largués là bas pour manger des prunes ,mais cette fois çi des prunes jaunes acides comme pour nous armer à quelque endurance secrète .Mes cousins Nasser ,Madjid ,Mustapha rebaptisé Si Belgadir par Nasser le plus vif ,le plus fougueux de tous ,mes petites soeurs et moi même donc "Thibilithin" avons passé tout un après midi sur les pruniers de Nezla ! Nous sommes enfin sortis de Nezla pour arriver à Irghan:"les brûlés" .A Irghan,il y a le champ de figuiers dont la variété réputée de "Thivouanquiquin" ,celles au long cou tordu ,fermes et charnues avec un goût prononcé aigre -doux mielleux .A Irghan il y a des maisons .Ces maisons se trouvent au delà de la rivière qu'on peut traverser aisément en été mais pas en hiver où elle se met en crue .En hiver notre famille autrefois occupait les maisons de Ouarkik ;domaine situé avant le cours de la rivière .Les maisons sont entourées de figuiers de Barbarie et d'oliviers épars.A Ouarkik la terre est plate ,c'est le "plat pays" où l'on pénétre par Vouzarzour :cette plaine immense en grande partie nationalisée par l'état pour y construire des usines . Après Irghan nous butons sur Vouarzazen avec quelque peur inavouée de nous voir attaqués par les guêpes ,puis l'on arrive en détalant vers les divines "Thiifirines ",aussi à l'huile sacrée pourvoyeuse de longévité comme cette huile de Vouarzazen dont j'ai déjà loué les vertus dans un autre article . Mes frères ainés ,mes cousins nés dans les années 1940 jusqu'à 1947 environ sont tous nés à Ouarkik ou Irghan jusqu'à ce que mon oncle Monoprix ,illustre surtout par son bon sens et sa bonté aussi ,avec sa vision du futur décide de l'exode de toute la famille vers la ville d'Azazga juste à 6 Kms d'Azaghar pour permettre aux enfants d'être enfin scolarisés .Il a bien compris que seule l'instruction était la plus garantie des fortunes en pays colonisé . Nous laissons derrière nous le tournant de Blachir :Torna na Blachir (un ancien colon) avec la grande maison rose envahie de mousse brunâtre .La remorque du tracteur de Hadj Ouali est chargée de beaux légumes et fruits succulents ,les enfants joyeux et repus pas du tout pressés de finir cette belle expédition .Nous étions très heureux ,un bonheur simple lié à cet amour de Hadj Ouali pour le terroir de ses aieux .Malheureusement ce terroir aujourd'hui est à l'abandon par endroits ou agressé à d'autres par l'urbanisation qui s'étend ...On ne sait plus cultiver grand chose aujourd'hui .La nouvelle génération c'est un nouveau monde hélas qui a perdu contact avec son histoire réelle malheureusement .Ils me riraient au nez si je leur propose de cultiver de la Stévia pour fournir Jardifées ...Peut être que Mahieddine mon cousin préféré ,le fils de feu Hadj Said au bâton de pèlerin ,ce gardien de l'honneur de notre famille lira mon article ...Qui sait ?

Rédigé par Colombe Blanche

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T
Azul fellam a wetma !<br /> Je suis heureux d'avoir découvert ton blog et de lire tes beaux écrits qui nous font rêver d'une kabylie encestrale à l'époque où chacun est solidaire avec l'autre...Tu racontes les choses de façon si admirable que l'on se sent vivre les moments et les faits que tu décris.Merci beaucoup de nous les avoir partagés.De notre côté,ça nous fera un immense plaisir de les faire partager aux autres afinb qu'il découvrent ce que tu vaux réellement :une femme exemplaire !
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