A la table de "l'Hadj " Si Hssen à Alger la blanche , Al Anka Al Hadj avec sa

Publié le 1 Mai 2013

A la table de "l'Hadj " Si Hssen à Alger la blanche , Al Anka Al Hadj avec sa voix suave et ses airs langoureux hante tous les foyers algérois . Farid fait son pain en fredonnant "Lahmam" :le pigeon ,l'amour de l'enfant prodige qui va voler de ses propres ailes ,l'amour du terroir en pensant au levain symbole de prospérité ,en songeant aussi à ces petites graines magiques de nigelle ,de sésame qui donneront son goût unique à ce pain spécial pour la table du ramadan . La table de La Zehra est déjà mise ,l'argenterie fine ,la porcelaine de Chine sont au rendez vous avec les bougies parfumées au musc et à l'ambre :"Almesk dhalambre ."La dernière casserole qui a mijoté est celle de "l'Hem lahlou :Viande sucrée qui a longtemps mijoté à feu doux dans des épices spéciales :Cannelle ,gingembre ,poivre ,curcuma ,muscade ...Met parfumé à la fleur d'oranger . Aucune table d'Alger ne se passera de ce fin met gourmet à côté de la grande soupière de "chorba fric"fumante d'où s'exhale l'odeur enivrante de coriandre fraiche et de menthe . La zehra a cuisiné presque tout la journée sans oublier d'avoir l'oeil sur toute la maisonnée ,oeil vigilant car il s'agit de surveiller les enfants si nombreux Allah ibarak ,il s'agit de bavarder aussi avec les autres belles soeurs qui rentrent toutes pour saluer ,s'enquérir des nouvelles et ramener les derniers potins du voisinage proche et lointain .La Zehra l'ainée de toutes les femmes de la famille doit veiller sur le bon ordre de toute chose car dans les familles musulmanes bénies d'Allah le droit d'aînesse est respecté impérativement ;chacun des membres de la famille est tenu de veiller sur l'autre avec cet esprit de fusionner et de s'accrocher les uns dans les autres ,les hommes en tuiles ,les femmes en guirlandes chatoyantes surtout les jours de grandes rencontres comme toutes les soirées du ramadhan .C'est Saléha qui vient faire un tour d'inspection discret dans la cuisine pour proposer son tour de main experte la plus habile d'expérience :"Staabajth amyemass Yema Zineb "connue dans toute la Hamma de Belcourt .Yema Zineb est originaire de la haute Kabylie ,elle manie les saveurs ,les douceurs comme une vraie algéroise aux mille et un savoir faire . La table de chez l'Hadj Si Hssen c'est aussi une question d'honneur au bonheur de tous .Ce jour là La Zehra a surpassé une société de femmes les unes plus accomplies que les autres .En plus de la chorba indispensable pendant le mois sacré du jeun La Zehra a préparé tant d'autres plats gargantuesques car quand on jeûne on a des envies et les femmes les plus gourmandes comme moi même se donnent à coeur joie pour confectionner les mets les plus délicats en ne souhaitant qu'une chose :que tout soit apprécié et dégusté !Elle se dépêche La Zehra ,s'énerve un peu presque car c'est bientôt l'heure de "Al Adan "(l'heure de la rupture du jeun,et il faudrait entamer la prière de Almaghreb avant la rupture du jeun ,pour les personnes les plus pieuse c'est impératif ...Elle n'a pas besoin de refaire ses ablutions depuis la prière de "Thor "car le diable pourvoyeur de la "Hazeguatou salat ne rôde pas trop pendant le ramadhan! On va rompre le jeun avec une datte bien mûre en n'oubliant jamais de dire "Bismillah" .C'est maintenant que va commencer la journée pour les algérois après la torpeur du jeun du Shor jusqu'au soir .Après le dîner qui se déroule lentement ,que les mets sucrés et salés se sont fait concurrence on prolonge indéfiniment la soirée "Essehra" avec un bon thé à la menthe ,avec des Slabia ,Ktayef ,Kelb élouz ,makrouts ...On va se dégourdir le jambes à la terrasse ,dans le grand salon d'où nous vient le son envoûtant et mélodieux du chant andalous entamé par la jeune fille de la maison avec son "oud" .Le meilleur moment est donc celui ci avec la douceur de l'atmosphère andalouse ,avec ce rêve de fontaines qui giclent pour accompagner la voix des merveilleuses jeunes filles des mille et une nuits des palais de l'Alhambra . On se fait passer le plateau chargé des tasses de thé décorées de dorure scintillante ,on boit à petite gorgée le nectar doucereux accompagné d'amandes grillées ,de pignons ,de cacahuètes ...On reste ainsi éveillés jusqu'au moment du Shor (ce deuxième repas de la nuit) .Pour le Shor le couscous sucré aux raisins secs et petits pois avec le "Rayeb" :lait caillé ou petit lait :Ighi (en Kabyle ) reste le plat de prédilection (sucres lents ) ,qui permettra d'éviter les hypoglycémies pendant la longue journée de jeun du jour suivant . J'adorais être invitée à cette table là jadis quand j'ai vécu à Alger .C'était un enchantement que j'espère retrouver cet été prochain à Alger In Challah .

Rédigé par Colombe Blanche

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C
Merci Ouiza d'avoir fait plaisir à ta tata avec ce détail du souvenir de ma mère au labeur du lever à la tombée du jour .Je me souviens de toi toute petite ,mon père qui t'appelait :"Thakechoualthiou :petit panier ".De son vivant mon père Allah Irahmou a été très présent dans la vie quotidienne de Dehvoucha ta chère maman et ses petits :Kamel ,Toi même ,jusqu'à Said qui a dû naitre à quelques jours après la mort subite de mon père athyerham rabi .Pendant la veillée mortuaire de jédim ,ta maman avait commencé le travail pour accoucher de Said ton petit frère .Que je suis bien consciente à quel point le quotidien absorbe tout le monde aujourd'hui ,les gens n'ont plus une minute pour partager quoi que ce soit .Si j'arrive à accrocher avec ces blogs improvisés justement pour "mobiliser" presque autour d'un décor humain et vivant c'est du domaine d'un miracle inespéré .Merci ma chère Ouiza !C'est aussi pour Elisa ton enfant que je raconte cette saga qui ne pourra lui être contée par personne ...Nos enfants à travers le monde ont besoin de connaitre leurs origines ,les racines de cet arbre enchanté de notre famille ,cette histoire de notre Algérie dont tu as partagé quelques décennies ...
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O
Je n'ai pas vraiment connu les soirées ramadhanesques d'Alger, mais celles dont je me rappelle étaient celle que j'ai passé chez Akhouali à Azazaga. Je me rappelle encore de mes tantes qui s'affairaient dans la cuisine située en bas de la grande maison coloniale de Jeddi Ouali. Une préparant des brioches, l'autre la chourba et autres repas délicieux du Ramadhan. Je me rappelle aussi de El Adhan et Seshi Dahbia qui était encore en bas dans la cour à nettoyer les dernières marmites et khali Achour qui venait l'appeller pour venir manger enfin!!! Ces souvenirs lointains ont la douceur et la saveur des journées heureuses passées avec toute la famille, notion très forte et très présente dans notre vie à nous les algériens. <br /> Chère tata, sache que la vie de tous les jours nous accapare et qu'on n'a pas souvent le temps d'aller sur facebook et sur ton blog afin de se renvoyer dans le passé et se remémorer tous les bons souvenirs de notre vie antérieure. Mais quand on a un moment, c'est vraiment un bonheur de se souvenir de ses racines. Bonne continuation dans tes récits, ne te décourage pas, c'est super.
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